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“Karel Appel” Oeuvres sur papier
au Centre Pompidou, Paris

du 21 octobre 2015 au 11 janvier 2016



www.centrepompidou.fr

 

© Anne-Frédérique Fer, présentation presse, le 20 octobre 2015.

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Légendes de gauche à droite :
1/  Martijn van Nieuwenhuyzen, Portrait de l’artiste Karel Appel au Stedelijk Museum Amsterdam, 1993. © photo : Martijn van Nieuwenhuyzen, Amsterdam.
2/  Karel Appel, Tête bleue, 1961. Gouache et collage sur papier. 49,8 x 63,7 cm. Photo : Tom Haartsen Ouderkerk a d Amstel Pays Bas. © Karel Appel Foundation / Adagp 2015.
3/  Karel Appel, Untitled,1949. Gouache, crayon et encre sur papier. 35,5 x 27 cm. Photo : Tom Haartsen, Ouderkerk a/d Amstel, Pays-Bas. © Karel Appel Foundation / Adagp 2015.

 


1746_Karel-Appel audio
Interview de Jonas Storsve, commissaire de l'exposition,
par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 20 octobre 2015, durée 9'22". © FranceFineArt.

 


extrait du communiqué de presse :

 

commissariat : Jonas Storsve, Conservateur du Cabinet d'Art Graphique



Le Centre Pompidou présente une exposition rétrospective de l’oeuvre sur papier de l’artiste néerlandais Karel Appel. Elle présente au public pour la première fois une sélection de quelques quatre-vingt-cinq oeuvres sur papier, souvent inédites, de 1947 à 2006. Intimement lié aux activités du groupe Cobra, l’artiste marqua fortement l’art européen au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Installé à Paris dès 1950, l’artiste partage ensuite son temps entre l’Europe et l’Amérique. Premier artiste issu du groupe Cobra à connaître une carrière internationale, son langage pictural reste profondément européen, même si son expérience américaine se fait sentir dans son oeuvre. Les membres du groupe Cobra, mouvement international et communautaire - belges, danois et néerlandais - fondé à Paris en novembre 1948, et qui cessa l’activité collective après l’exposition internationale d’art expérimental organisée à Liège en 1951 - font partie des artistes européens les plus importants de l’époque. Mais Karel Appel se dégage très vite du vocabulaire Cobra et forge son propre style, ou plutôt ses propres styles : il expérimente formes et matériaux, tout au long de sa carrière qui couvre plus de soixante ans.

Après avoir occupé les devants de la scène artistique pendant des décennies, Karel Appel est aujourd’hui méconnu, un peu oublié en dehors des Pays-Bas. Son art profondément humaniste, ancré dans une tradition expressionniste, connut pourtant un regain d’intérêt dans les années quatre-vingt à l’époque où la peinture des « Jungen Wilden » et autres néo-fauves était à l’honneur. La dernière grande présentation de son oeuvre en France remonte à 1987, à Toulouse et à Nice.

Alors qu’une nouvelle génération de collectionneurs, galeristes et historiens de l’art, se penche avec un nouveau regard sur l’art après la Seconde Guerre Mondiale, une relecture du travail de l’un des plus grands artistes européens de la seconde moitié du vingtième siècle, s’impose.

Un catalogue Karel Appel. OEuvres sur papier, édité par Sieveking Verlag, Munich / Berlin, sous la direction de Jonas Storsve, commissaire, accompagne l’exposition.
Environ 200 pages, en trois éditions (français, anglais et allemand), l’ouvrage comporte une introduction de Jonas Storsve et des textes d’Anne Lemonnier, attachée de conservation au cabinet d’art graphique du Mnam/Cci ; d’Andreas Strobl, conservateur à la Staatliche Graphische Sammlung, Munich et une chonologie par Franz W. Kaiser, directeur adjoint, Gemeentemuseum La Haye.




Extrait du catalogue – Introduction par le commissaire Jonas Storsve

Le nom de l’artiste néerlandais Karel Appel est intimement lié aux activités du groupe Cobra, qui eut une durée de vie certes brève mais qui marqua de façon décisive l’art européen au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Les membres de ce mouvement international et communautaire - belges, danois et néerlandais - fondé à Paris en novembre 1948 et qui cessa l’activité collective après l’exposition internationale d’art expérimental organisée à Liège en octobre-novembre 1951, font partie des artistes européens les plus importants de l’époque. Mais Karel Appel est bien plus que cela. Très vite il se dégage du vocabulaire Cobra et forge son propre style, ou plutôt ses propres styles, car il ne cesse d’évoluer et expérimenter avec formes et matériaux tout au long de sa carrière qui couvre plus de soixante ans.

Le monde de l’art est capricieux et sa mémoire est bien courte. Après avoir occupé les devants de la scène artistique pendant des décennies, Karel Appel est aujourd’hui méconnu, un peu oublié en dehors des Pays-Bas. Son art profondément humaniste, fortement ancré dans une tradition expressionniste, connut pourtant un regain d’intérêt dans les années quatre-vingt à l’époque où la peinture des « Jungen Wilden » et autres néo-fauves était à l’honneur, mais en 2015 les expositions consacrées à l’art de Karel Appel ne sont plus légion. La dernière grande présentation de son oeuvre en France remonte ainsi à 1987, l’année où Toulouse et Nice montraient différents aspects de son travail. Mais aujourd’hui, alors qu’une nouvelle génération de collectionneurs, galeries et historiens de l’art se penche avec un nouveau regard sur l’art après la Seconde Guerre Mondiale, il semble de nouveau possible de regarder de plus près le travail de l’un des plus grands artistes européens de la seconde moitié du vingtième siècle. Et c’est bien cela que nous proposons de faire en présentant une rétrospective de l’oeuvre sur papier de Karel Appel. Cet aspect de son travail est certainement le moins connu, mais de loin pas le moins intéressant. L’exposition réunit quelques quatre-vingt-cinq oeuvres, inédites pour beaucoup d’entre elles, et couvre toute la période active de l’artiste; les premières datent de 1947 et la dernière est datée 2006, l’année de son décès.
Elles proviennent toutes de la fondation qui gère son oeuvre.

Agé d’à peine vingt ans, Karel Appel avait reçu une formation artistique à l’Académie des Beaux-arts d’Amsterdam pendant l’occupation allemande des Pays-Bas. L’expérience des travaux collectifs du groupe Cobra et la rencontre avec la peinture de ses collègues danois, tous plus âgés et plus expérimentés que lui, est bénéfique pour l’évolution de son art. Après la commande malheureuse d’une peinture murale pour l’Hôtel de ville d’Amsterdam, qui fut recouverte peu de temps après sa réalisation, Appel s’installe en 1950 à Paris. Il y fait la rencontre de Michel Ragon, grand défenseur du groupe Cobra – il organise la première exposition du groupe à Paris à la Librairie 73 - et qui signe en 1988 la grande monographie de référence sur l’art de Karel Appel. Une rencontre encore plus décisive est celle de Michel Tapié, l’inventeur d’ « un art autre » auquel Appel s’associe volontiers.
C’est par son intermédiaire qu’Appel expose aux côtés de Pollock et de De Kooning, mais également de Dubuffet et de Wols à la Galerie Nina Dausset, puis à New York chez Martha Jackson, qui lui organise sa première exposition personnelle aux Etats-Unis en 1954. Bien avant Asger Jorn, il est le premier artiste issu du groupe Cobra à connaître une carrière internationale.

Si son langage pictural reste profondément européen, l’expérience américaine se fait également sentir dans son travail. La musique de Jazz est une grande source d’inspiration et il peint les portraits de Miles Davis, Dizzy Gillespie, Sarah Vaughan, etc. Des nombreuses collaborations avec des architectes - on compte une quarantaine de réalisations, souvent monumentales - lui permettent d’expérimenter des techniques nouvelles comme le verre, le tissu, la céramique… Après une décennie de voyages incessants, il acquiert en 1964 le Château de Molesmes, près d’Auxerre où il commence à travailler la sculpture polychrome. Il s’installe de nouveau à Paris, puis en Toscane, partage son temps entre l’Europe et l’Amérique. Ne cesse jamais de travailler, d’expérimenter, de se renouveler. Même s’il ne retourne jamais vivre dans son pays natal, les grandes institutions néerlandaises lui restent fidèles et continuent de le suivre. S’il termine ses jours à Zurich, il se fait enterrer au Cimetière du Père Lachaise à Paris, la ville qui compta tant pour lui dans ses jeunes années.