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“Stéphane Duroy” Again and again
au Bal, Paris

du 6 janvier au 9 avril 2017



www.le-bal.fr

 

© Anne-Frédérique Fer, présentation presse avec Stéphane Duroy, le 5 janvier 2017.

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Légendes de gauche à droite :
1/  Stéphane Duroy. Berlin, Chute du mur, décembre 1989, L’Europe du silence. © Stéphane Duroy.
2/  Stéphane Duroy. Manhattan, New York, 2004, Etats-Unis. © Stéphane Duroy.
3/  Stéphane Duroy. Double page réalisée à partir du livre Unknown en 2015. © Stéphane Duroy

 


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Interview de Fannie Escoulen, co-commissaire de l'exposition,
par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 5 janvier 2017, durée 13'42". © FranceFineArt.

 


extrait du communiqué de presse :

 

Commissaires : Fannie Escoulen et Diane Dufour



“On photographie des choses pour se les chasser de l’esprit. Mes histoires sont une façon de fermer les yeux.” Franz Kafka

Et si l’oeuvre de Stéphane Duroy était un exil ? Après quarante années d’un périple obsessif sur les traces de la vieille Europe jusqu’aux États-Unis, Stéphane Duroy semble aujourd’hui poussé par un vent de renouveau, vers une pratique photographique emmenée toujours plus loin d’elle-même.

L’Europe du silence, travail fondateur initié dans les années 1980, s’impose comme la tentative, décisive dans son parcours, de partir à la rencontre de la grande Histoire : Douaumont, Berlin, Auschwitz, Lodz… Construite dans un mouvement au long cours, cette série consigne la vision d’un homme à la recherche de son identité et de la mémoire d’une Europe ébranlée par deux conflits mondiaux et de multiples dérives totalitaires. Stéphane Duroy en livre un récit fragile, emprunt de poésie et d’inquiétude, dont l’esthétique granuleuse et opaque se mêle au poids du temps et aux silences obscurs des paysages. Paraît en 2000 le livre du même nom, épuré et radical, en 20 images.

Depuis 1977, il affronte aussi une autre réalité. Celle de l’humain, des laissés pour compte, des ouvriers et des marginaux plongés dans la détresse d’une Angleterre thatchérienne en pleine mutation. Le livre Distress (paru tardivement en 2011), est l’aboutissement d’une plongée de plus de trente années dans un pays profondément meurtri.

Progressivement et inexorablement, le regard de Stéphane Duroy se déporte. Sur les traces des exilés européens, il se tourne vers leur terre d’accueil, les États-Unis, réceptacle d’une mémoire collective fuyant les stigmates de son passé. De New York au Montana, il marche alors sur les pas d’immigrés arrivés en Terre promise en quête de nouveaux départs. Confronté à une version désenchantée du «rêve américain», il rapporte des images d’une grande mélancolie et d’une extrême sobriété, et publie en 2007 le livre Unknown. Dans ce va-et-vient permanent entre une Amérique qu’il ne cesse d’ausculter et l’Allemagne, coeur de ses obsessions, Stéphane Duroy construit son imaginaire.

À partir de 2009, il se détache peu à peu de la photographie et met en place un autre processus de travail : collages, coupures de presse, photographies anonymes, peintures, ratures et déchirures, viennent nourrir et malmener des dizaines d’exemplaires de son livre Unknown, l’aidant à dépasser une surface photographique devenue trop pauvre à son goût. Par ce geste quotidien de destruction et de reconstruction, par l’ajout de couches de matières successives, il procède, tel un palimpseste, à un effacement de l’image. Ces livres-objets deviennent les catalyseurs de ses obsessions. Cette tentative d’épuisement du livre et de ses propres images permet à Stéphane Duroy d’aller au-delà de sa photographie, d’en casser les codes et d’explorer de nouveaux territoires d’expression. Témoin d’un monde devenu irrespirable, il déracine son langage.

Fannie Escoulen


“De 1977 à 2002, j’entrepris une vaste enquête photographique sur la société britannique dont les clivages sociaux, très marqués, illustrent la complexité d’une communauté humaine. Berlin-Ouest dès 1979 s’imposa comme le lien de cause à effet, le lieu où furent décidées les grandes orientations qui ont généré la tragédie européenne et remis en question nos chères valeurs. Enfin, à partir de 1984, les États-Unis, magnifique symbole d’espoir, grand rêve ready-made auquel personne ne croit, ferment le cercle. Ce parcours obsessionnel forme aujourd’hui un théâtre clos préfigurant l’enchaînement de nos comportements, la survie en groupe, le pouvoir et ses luttes, l’échec, l’amertume, le rejet, la fuite enfin, mélange d’espoir sincère et de duplicité.”  Stéphane Duroy, 2016



Stéphane Duroy (1948) a exposé à la Filature de Mulhouse ses séries L’Europe du silence en 2000 et Unknown en 2005 ; en 2002, il a présenté à la Maison Européenne de la Photographie l’exposition Collapse. Il a notamment publié L’Europe du silence, 2000 (Filigranes Editions), Unknown, 2007 (Filigranes Editions), 1297, 2009 (Filigranes Editions), Distress, 2011 (Filigranes Editions), Geisterbild, 2012 (Filigranes Editions), Guardian of Time, 2012 (Only Photography). Stéphane Duroy a rejoint l’agence Vu en 1986. Il est représenté par la galerie In Camera.



À l’occasion de l’exposition, LE BAL co-édite avec Filigranes Editions Unknown - Tentative d’épuisement d’un livre. En 2007, Stéphane Duroy publie Unknown, un hymne aux rebelles anonymes et aux exilés. Quelques années plus tard, il refait le livre en déchirant les pages de l’édition originale et une fois terminée la nouvelle mouture, il réitère cette méthode pour fabriquer au fil des ans, plus de vingt-neuf variations différentes, uniques, du même livre.